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Petit Rêve ■ I miss this misery

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Alpha

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Lune Neigeuse







MessageSujet: Petit Rêve ■ I miss this misery Ven 19 Juin - 15:58




Break me
S'accrocher, désespérément à des convictions qui ébranlent un être trop abîmé. Des idéaux qui écrasent sa frêle silhouette qui traverse les forêts brumeuses avec l'agilité d'un félidé dans son néant. Avec les prouesses physiques d'un puma entre ses branches, mais ancrée à la terre, à zigzaguer entre les troncs annexés par le lichen. Des bruissements dans son sillage titillent ses sens qui se tordent dans des sens inimaginables. Pourtant, l'appréhension talonne les feuilles tombées. Elle demeure désespérément à zéro, malgré les nombreux chuchotements qui frappent à ses tympans. Que des membres de la meute qui rôdent. Seulement des frères et des sœurs avec lesquels les gênes n'ont en commun que les longs membres taillés pour les courses effrénées aux postérieurs des proies acculées, les oreilles qui dansent sur les têtes et les museaux qui captent les mêmes odeurs à travers les bois qu'ils hantent.
Le spectre blanc décime les fleurs, écrasées sans pitié, aux aguets que la môme est. La Lambda est à ses trousses, aussi légère qu'une plume dans un océan de coton, protégeant l'indolente des mauvaises surprises. Personne. Personne à part elles deux, dans l'immensité des forêts où quelques résineux s'acharnent à pousser, au milieu des chênes centenaires. Les odeurs des flaques, et de sûrement beaucoup d'autres choses. Quelques prédateurs qui rôdent, trop loin du campement pour représenter une menace, mais trop près pour rester ignorés. Elle le note dans un coin de sa tête, Navi. Quelque part, pour être certaine de faire passer l'information aux suivants. Une chaîne sournoise lancée, pour surveiller les pas de ce qui semble être un puma solitaire. Peut-être celui de la fois dernière. Peut-être un autre.
Difficile à dire.
Les pumas sont comme les loups, différents les uns des autres, mais trop semblables pour que la certitude de ne pas avoir à faire au précédent soit écartée. Trop compliqué de déclamer avec impertinence l'idée que c'est le même monstre qui plane sur les têtes des mômes enfiévrés par l'été comme l'épée de damoclès qui attend de tomber. Qui attend de trancher une trachée et de répandre l'hémoglobine sur la mousse humide. « Devrions-nous y aller ? » La voix du Lambda tranche dans la pénombre verdoyante. Même le soleil peine à percer les feuillages trop denses. Un sourire léonin déchire le visage de la jeune adulte, qui se penche vers sa congénère. Un plissement de paupière, une oreille qui se tord sur le crâne, et seulement l'air imperturbable qui dérange. « On peut éventuellement remonter la piste un peu plus haut, mais il est trop loin. De toute façon, ce serait trop dangereux de s'y attaquer à nous deux. » L'autre acquiesce. Elles sont à peine plus âgées l'une que l'autre, mais l'expérience fait défaut. La première fois que les patrouilles sont divisées de manière aussi irrégulières. Première fois que ses pas mènent ailleurs que sur les sentiers tracés par les canidés précédents. Elles s'engouffrent dans les fourrés avec une peine toute relative. La môme fait tâche, au milieu de ces immensités sombres. L'autre femelle disparaît, avec sa pelisse ébène aux nuances foncées d'ocre. Le fantôme qui survole la forêt, à la manière de Fenrir sur son nuage, en restant ancrée fermement au sol meuble. Elle est là, la piste.
Ancienne à l'odeur.
Même les oiseaux chantent, alors qu'ils se tairaient si le prédateur était là. Même les passereaux sautent aux branches, en adressant des regards moqueurs aux canidés qui ne savent pas voler. Un grognement faible s'échappe de la gorge serrée de Navi. Dieu qu'elle les envie. Ils s'envolent malicieusement, ouvrent la voie en piaillant comme les derniers décérébrés qui alertent les compères aux alentours, signifiant que les pitres sans ailes sont arrivés, et qu'ils sont là pour leur lot quotidien de railleries. Ils ne parlent pas le même langage. Ils n'ont pas la même gestuelle, et ne se comprennent que par les déductions logiques. Le hurlement d'alarme qui déchire l'échine et les cordes vocales. Il est le même pour tous, qu'ils aient été mammifères ou diablotins qui chassent les mouches à merde qui leurs collent à l'arrière-train.
Elle écoute attentivement les mélopées graves ou aiguës. Ils sont comme les loups, à ceci près que les proies ne sont pas les mêmes. Les voix divergent, mais traduisent les mêmes paroles, au fond. Ils sont tous là, à piaffer des dernières récoltes de graines comme les bêtes sur pattes s'intègrent en conversant des carcasses ramassées par les Kappas.
Bouffer. Dormir. Chasser.
Au fond, la nature les a tous fait pareil.

L'urine pisse à ses narines. C'est désagréable, presque incisif sur sa langue où se répand le goût âcre de ce qu'elle respire. Ses papilles tressautent, de la même manière que son palpitant qui crache son flot acide d'eau rouge dans ses veines qui palpitent. Il n'est pas si loin, le prédateur. Encore quelques dizaines de kilomètres et ils seraient face-à-face. C'est trop près. Trop dangereux pour les deux fillettes à peine sorties des bancs de l'école. A peine jetées hors des jupons des mères de la tanière, avec le silence mortuaire pour protecteur. Elles sont face à la brise légèrement fraîchi, leur évitant toutes les peines du monde à être remarquée par l'envahisseur. « On rentre. On devrait même pas être là, normalement. On passera le message aux Lambdas les plus anciens, pour être certaines que l'information atteigne l'Alpha et qu'ils puissent prendre une décision en conséquence. » Demi-tour. Faire volteface, sans tarder. Prendre la poudre d'escampette pour sauver sa peau. Les pumas sont un fléau qu'ils n'éradiquent pas, parce qu'incapables d'y mettre fin d'eux-même. Peut-être que si Fenrir aidait, ce serait plus simple. Si cette épidémie pouvait, au moins, détruire un peu la population féline. Mais Navi a conscience d'être égoïste. Elle est certaine qu'ils sont nécessaires à l'équilibre. Elles se dépêchent, de mauvaise grâce. Jusqu'à être loin. Jusqu'à ce que l'alarme qui s'est allumée dans le crâne d'albâtre se taise pour ne devenir que des faisceaux lumineux qui dérange son champ de vision.
Les frontières se dessinent, toutes proches. Enivrantes comme l'ambre qui dégueule des troncs éventrés par les griffes. L'envie de les dépasser, et de s'engouffrer là où ils n'ont aucun droit, pas même celui d'être en vie. Des frissons de dégoût. La proximité des odeurs des autres. La meute frontalière qui s'acharne à dévorer les parcelles de terre qui appartiennent aux loups des forêts. « Rentre en première. J'ai quelque chose à faire. » Elle tique, l'autre. Les pensées sibyllines de Navi inquiète, parce que les dangers qui découlent de ces idées farfelues sont innommables. « Tu ne devrais pas faire ça, Navi. Même si tu es promise à Lune Rouge, tu n'es pas immunisée contre les sévices pour avoir pénétrer leur territoire, tu sais ? » Bien sûr qu'elle sait.
La haine tonne à ses tempes. Le sang y afflue, parce que le souvenir d'avoir été offerte à un mâle pédant s'acharne à lui mener la vie dure. Même sa vie ne lui appartient plus. Même sa liberté n'est qu'un souvenir amer qui dérange sur ses papilles. Un frémissement. La colère gonfle ses poils. La Lambda s'éloigne. Ce n'est pas son rôle de raisonner ceux qui sombre petit à petit dans la folie. Ce n'est pas sa tâche de rendre acceptable les tricheries des Alphas pour piéger les autres. Quel genre de père renonce à son enfant, même adoptif, pour l'abandonner entre les pattes d'un colosse qui lui brisera la nuque au premier écart ? Quel genre de famille crache son venin sur la petite silhouette d'une femelle fertile pour maintenir une paix à laquelle personne ne croit ? Ridicule. Foutaises. Délires magistraux de quelques dirigeants aux pouvoirs absolus. Peut-être parce qu'aucune femelle ne se jetterait volontairement dans leurs bras qui écrasent par le poids des responsabilités, les voilà qui s'échange les dames comme les traités de paix qu'on grave sur la chair des vivants. Ils promettent sur le nom d'un mort qu'ils seront fidèles à leurs fonctions, et enchaînent ceux qui respirent pour être certains qu'ils ne sont pas seuls dans ces royaumes où la déchéance n'a d'égale que le nombre de proies qui renaît avec l'été.
Un frisson dans les broussailles. C'est de son côté de la barrière, donc elle se rassure. Son regard se promène, doux comme le ciel dégagé, à des centaines de queues de renard des émotions néfastes qui lui rongent les poumons à la manière de la pire des pollutions. « Et si tu sortais de là ? »

© charney

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Petit Rêve







MessageSujet: Re: Petit Rêve ■ I miss this misery Mer 15 Juil - 21:20


- Et si tu sortais de là ?

Zut. Sa fugue s'arrêtait-elle là? Il aurait peut-être pas dû chercher à s'approcher un peu plus. Dommage. Il aurait eu envie de la suivre discrètement plus longtemps. Au moins voir ce qu'elle "avait à faire". Il venait à peine de trouver les deux louves dans la forêt des Cheyennes. Etait-il si mauvais que ça en discrétion? Il pourrait pas devenir un Kappa si il était pas discret! Comment ferait-il pour traquer silencieusement les proies ou tendre une embuscade à un cerf? Evidemment, à trois lunes il aurait été difficile qu'il en soit autrement - tout comme ses tentatives de chasse toutes ratées faute de technique. Cette idée passa pourtant en coup de vent dans ses réflexions, trop concentré par la Gamma qui l'appelait. Il l'aimait bien, Navi. Evidemment, il ne savait pas pour les Apaches. Il ne savait pas qu'elle allait partir. Pourtant, il finirai bien par l'apprendre.

- Bouh!

L'instant d'après, il fonçait hors du buisson, un air espiègle peint sur un museau de louveteau. Sauf que, l'instant encore après, il trébuchait et s'étalait sans beaucoup de grâce à cause d'une petite pierre. Petit Rêve se releva prestement, vexé de l'air qu'il avait sans doute eu pendant son plat sur sol déjà poussiéreux. Car oui, l'été s'annonçait lentement, faisant monter les températures. Son pelage dense risquait quelque peu de ne pas apprécier... S'asseyant devant la louve blanche, le louveteau la fixa de deux prunelles ambrées, nullement gêné de se voir en flagrant délit de fugue hors du camp. A chaque fois, les reproches pleuvaient; c'est dangereux, c'est pas pour un louveteau, il y a des prédateurs. Mais tant pis, rester au camp c'est trop ennuyeux. Et puis, elle elle le renverrai pas en rouspétant à la Grotte de Nulle Part -comme s'appelait ce susdit camp-, non? Enfin, ça il l'espérait. C'était loin d'être la première fois qu'il s'aventurai un peu n'importe où.

[Absoolument désolée du temps de réponse! x_x De même pour la qualité et la longueur de ce rp , toutes mes excuses TwT]
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